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Éric Péron au bout de l’aventure, au bout de lui-même

Le skipper de Komilfo a franchi la ligne d’arrivée de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe ce dimanche matin, à l’issue de 11 jours, 19 heures et 21 minutes de course.
Il termine ainsi 4e chez les Ocean Fifty à l’issue d’un scénario particulièrement disputé. 
Une expérience aussi haletante que prestigieuse dans sa carrière de coureur au large, et l’illustration aussi d’une détermination sans faille. Éric raconte. 

© Aurelie Aubron/ Komilfo Sport

« Fatigué, heureux, soulagé… » Éric Péron, barbe de trois jours, cernes légèrement creusés, cherche un peu ses mots, sourit, et se dit « paumé » après s’être amarré au ponton à Pointe-à-Pitre.  « J’aimerais que ce moment dure encore un peu », sourit-il avec pudeur. Ce moment, c’est cette arrivée sur les pontons de Pointe-à-Pitre au soleil levant, les larmes qui coulent sur le bateau, les marques d’affection des proches, la poignée de main avec Thomas Ruyant et « toutes les émotions qui ressurgissent ». Le skipper de Komilfo est allé au bout de lui-même et de son aventure, avec l’abnégation qui le caractérise. Ses réactions sur les pontons et sa volonté d’introspection ne disent pas sa décharge d’effort passée. « Il y a plein d’émotions qui me viennent à l’esprit. J’ai coché une petite case de ma vie de marin. C’est comme un accomplissement. »  

© Aurelie Aubron/ Komilfo Sport

« Une option osée » 

La course n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille. Il y a d’abord eu ce départ – « je n’avais jamais pris un tel shoot d’adrénaline » – et puis le chaos à traverser en première semaine. Une succession de fronts, une mer aussi croisée que déchaînée et ces rafales de vent qui dépassent allègrement les 30 nœuds. À bord de Komilfo, les incertitudes sont rares, l’attention aiguisée au maximum, l’organisme soumis à rude épreuve. « Ce n’est pas hyper confortable à bord, assurait-il après quatre jours de mer. La zone de vie est trempée, ça caille à l’intérieur et ça secoue pas mal à l’extérieur ! » Mais Éric Péron tient bon et poursuit sa progression avec enthousiasme. Après avoir dépassé les Açores, il tente « une option un peu osée » pour contourner l’anticyclone. « On s’est dit qu’on pouvait faire un coup, tenter de marquer l’histoire ».  Il opte pour une stratégie au Sud-Est, loin de la tête de course qui bataille à 200 milles plus à l’Ouest. « Il existait une petite porte possible que j’étais le seul à prendre, c’était intéressant ». Une option qui ne s’est pas avéré payante mais qu’importe : « ça aurait été bête de ne pas le tenter ». 

© Aurelie Aubron/ Komilfo Sport

Un « match dans le match » pour terminer

Il faut attendre le huitième jour de course pour qu’Éric retrouve ses camarades de jeu en pointant l’étrave de Komilfo vers les Antilles, bénéficiant enfin des alizés. Il convient alors de composer avec les grains, parfois très violents, à l’instar de cet « orage gigantesque » dans la nuit de samedi à dimanche où « les éclairs semblaient tomber de partout ». Dans cette dernière ligne droite et pour ne pas relâcher la pression, Éric s’est donné pour mission de rattraper Armel Tripon (Les P’tits Doudous). Un « match dans le match » dans lequel il a pris l’avantage avant d’aborder le tour de Guadeloupe, qu’il aime appeler « l’atterrissage ». 

Certes, son caractère de compétiteur ne lui permet pas de dissimuler sa déception de ne pas avoir pu se mêler à la bataille pour la victoire finale. Mais, en s’accrochant jusqu’au bout et en s’offrant les joies d’une arrivée prestigieuse à Pointe-à-Pitre, il s’offre une nouvelle expérience aussi riche que vertueuse en course au large. « On se nourrit en permanence de ce que l’on apprend à chaque compétition ». Aux chapitres écrits précédemment qui racontent ses participations à la Solitaire du Figaro, à la Volvo Ocean Race et à la Transat Jacques Vabre, un nouveau est désormais consacré à la plus prestigieuse des transatlantiques. En attendant de nouvelles aventures iodées et toutes aussi riches en émotions. 


© Aurelie Aubron/ Komilfo Sport

VIDÉO : L’arrivée et les premiers mots d’Eric Péron

Komilfo heureux de la course de son skipper

Présents sur les pontons du Mémorial Acte à Pointe à Pitre pour accueillir leur skipper, Pascal Quenech’du (Président) et Antoine Le Poulichet, (Directeur) du réseau Komilfo ont félicité Eric pour sa course et la belle place de 4ème de la Route du Rhum.

Pascal Quenech’du : « On est très content, ça été une belle course et une belle arrivée cette nuit en Guadeloupe. Le bateau est en bon état, on a pu suivre toute la course en directe, les options prises par Eric, le match avec Armel Tripon. On s’est vraiment pris au jeu, c’était une super aventure avec un skipper toujours aussi agréable et une équipe technique qui nous a fait partager plein de choses. C’est beaucoup d’émotion de voir arriver notre bateau et l’aboutissement d’un projet mené et suivi depuis des mois par les équipes de Komilfo ».

Antoine Le Poulichet : « Très heureux de voir Eric arriver après ces 11 jours de course. C’est l’aboutissement d’un engagement fort auprès de Eric. C’est une belle quatrième place, Eric a vraiment bataillé tout au long de la course avec de l’audace. Il y a eu un bel engouement des membres de notre réseau tout au long de la course, tant sur la course réelle que sur notre course virtuelle. Un grand bravo et toutes nos félicitations aux équipes qui ont travaillé sur ce projet, notamment la cellule de routage qui a fait un très beau travail. »

Antoine Le Poulichet et Pascal Quenech’du entourent Eric Péron

LA COURSE DE KOMILFO EN CHIFFRES
– Temps de course : 11 jours, 19 heures, 21 minutes et 30 secondes
– Vitesse moyenne sur l’orthodromie (route directe) : 12,50 nœuds
– Vitesse moyenne réelle sur le fond : 16,43 nœuds
– Milles parcourus : 4 656,52 milles
– Écart avec le premier : 21 heures, 45 minutes et 38 secondes